SOCIÉTÉ NATIONALE DE L'HISTOIRE ET DU PATRIMOINE DE LA GENDARMERIE | SOCIÉTÉ DES AMIS DU MUSÉE DE LA GENDARMERIE

(Voir également la fiche « pays »)

Le 14 juillet 2015, les gendarmes mexicains ont défilé sur les Champs-Élysées, à Paris.
© D.R.

Dernière née des gendarmeries du monde, en 2014, la gendarmerie nationale du Mexique (Gendarmería Nacional de Mexico) a déjà connu une existence éphémère au milieu du XIXe siècle. À l’époque, comme aujourd’hui, la gendarmerie française a participé à sa création. Le 14 juillet 2015, les gendarmes mexicains ont défilé sur les Champs-Élysées, à Paris.

Au XIXe siècle, lors de l’intervention militaire française (1861-1867), une gendarmerie impériale mexicaine (Gendarmería Imperial) est officiellement créée le 9 juin 1865, sur le modèle français, par l’empereur Maximilien 1er. Cette institution disparaît peu après le départ des Français du Mexique, en mars 1867, et la chute du régime impérial de Maximilien Ier,, qui est lui-même fusillé.

En avril 2012, lors de sa campagne pour la présidence du Mexique, Enrique Peña Nieto reprend l’idée de mettre en place une gendarmerie, en s’inspirant des modèles français (gendarmerie nationale) et colombien (Escuadrones Móviles de Carabineros ; un groupe spécial de la police nationale colombienne). L’objectif du président Nieto est de rompre avec la doctrine de son prédécesseur, lequel a beaucoup utilisé l’armée dans les domaines du maintien de l’ordre et de la sécurité publique.

La volonté du président Nieto est de créer un corps intermédiaire entre l’armée et la police fédérale. Rapidement, l’idée d’une gendarmerie fait sens et se met en place. Dès le 26 août 2013, le cursus pour intégrer la gendarmería est lancé. Sept écoles assurent cette formation d’un total de 1 422 heures. La première promotion compte 460 élèves.

Entraînement des gendarmes mexicains.
© D.R.

En tout, 6 444 élèves sont formés avant la création officielle de la gendarmerie. Dès le lendemain, le 27 août, lors de la 34e session du conseil national de sécurité publique, les grands principes fondateurs de la gendarmería nacional sont institués (missions, effectifs…). Finalement, elle est officiellement créée le 22 août 2014, par décret présidentiel.

Organisation et missions

La gendarmerie mexicaine est rattachée à la police fédérale, en tant que 7e division. Ses membres ont, comme les autres policiers, un statut civil. Ils ont aussi les mêmes échelons, grades et salaires.

La gendarmería nacional est constituée de 5 000 personnels, dont 13 % de femmes. Elle est dirigée, depuis le 27 août 2014, par le Commissaire Général Manelich Castilla Craviotto. Contrairement à d’autres gendarmeries du monde, l’institution mexicaine est entièrement mobile. Composée de quatorze groupements, elle peut intervenir sur l’ensemble du territoire national. Il faut noter la présence de deux groupements en zone frontière : un à la frontière américaine et un autre à la frontière Sud.

Le quartier général de la gendarmerie est basé à Mexico. Le chef de division de la gendarmerie commande au coordinador general. Ce dernier a sous ses ordres trois directions générales.

Tout d’abord la direction générale de la planification et de la logistique, divisée en deux sous-directions : la direction de la planification et la direction de la logistique.

Ensuite, la direction générale des opérations stratégiques et des unités spéciales, elle aussi divisée en deux sous-directions : la direction des opérations et la direction des unités spéciales.

Enfin, la direction générale de proximité sociale, encore une fois divisée en deux sous-directions : la direction des services d’appui et la direction de la participation citoyenne.

Formation à l’intervention de l’équivalent du GIGN au Mexique.
© D.R.

En matière de formation, la gendarmerie mexicaine compte, sur son territoire, sept organismes de formation : San Luis Potosi, Ciudad Juarez, Hermosillo, Culiacan, Veracruz et Mexico DF.

La mission principale de la gendarmerie mexicaine, conformément à l’article 17 de la loi sur la police fédérale, est de garantir la sécurité publique : assurer la tranquillité et la protection des citoyens sur tout le territoire, en luttant contre la criminalité. C’est dans l’accomplissement de ces missions que, le 19 mars 2015, dans la ville d’Ocotlán (État du Jalisco), la gendarmerie connaît ses premiers morts en opération, assassinés par des membres du cartel de Jalisco (5 gendarmes tués).

Coopération internationale

La gendarmerie mexicaine coopère avec de nombreuses gendarmeries et polices étrangères, notamment celles d’Amérique du Sud. Elle a également beaucoup coopéré avec la gendarmerie française. Cette dernière a été très présente lors du processus de création de la gendarmería nacional. Des officiers et des sous-officiers français ont d’ailleurs participé à la formation de la première promotion de gradés mexicains. Depuis 2014, la gendarmerie française aide son homologue mexicaine dans différents domaines : aide à la création d’un groupement équestre, stage en gendarmerie départementale pour les initier au concept de police de proximité, partage du savoir-faire français…

Symbolique

Au centre de l’écusson de la gendarmería nacional, se trouvent deux guerriers aztèques, l’un à tête de jaguar, l’autre à tête d’aigle. Symboles de la police fédérale, ils sont aussi des représentants de l’histoire du Mexique. Devant ces deux guerriers se tient une flamme, symbole du « feu qui transforme », mais aussi emblème de la plupart des autres gendarmeries du monde.

Le fond bleu représente l’ensemble des membres de la police fédérale. La couleur or ainsi que la couronne de laurier sur les bords de l’écusson représentent les valeurs, l’éthique de la gendarmería (sacrifice, loyauté, discipline, honneur, dignité, autorité et morale). L’or est devenu la couleur distinctive de cette 7e division de la police fédérale.

On retrouve également sur cet écusson des éléments plus basiques, mais tout aussi importants, comme le nom de la division, l’écusson du Mexique, le nom du pays et le nom de sa maison mère, la policía federal.

La gendarmerie mexicaine n’a toutefois pas repris la grenade entière comme de nombreux autres pays européens et africains.

(Avec l’aimable autorisation du SIRPA/gend)