SOCIÉTÉ NATIONALE DE L'HISTOIRE ET DU PATRIMOINE DE LA GENDARMERIE | SOCIÉTÉ DES AMIS DU MUSÉE DE LA GENDARMERIE

Cet ouvrage pionnier (1994) a été republié en 2022 (La Gendarmerie sous l’Occupation, Paris, Kubik éditions – L’Essor de la Gendarmerie nationale, 415 p.) avec une introduction de Jean-Noël Luc (« La gendarmerie et l’Occupation : une mémoire retrouvée, une histoire renouvelée »).

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Depuis sa lointaine origine, en 1191, sous le capétien Philippe Auguste, la Gendarmerie nationale, héritière de la Maréchaussée, a connu les vicissitudes liées aux drames de notre histoire sans jamais cesser, au prix d’un lourd tribut, de remplir sa mission traditionnelle de protection des personnes et des biens.

L’épreuve de l’Occupation, entre 1940 et 1945, est l’une de celles qui ont le plus marqué l’institution confrontée à une situation complexe et redoutable. Le métier des gendarmes n’était pas alors facile. Partagés entre le devoir d’obéissance et l’exigence patriotique, ils s’exposaient, quel que soit leur choix, à de graves dangers. Gendarme à la brigade de Thaninges (Haute-Savoie) en 1943, Henri Berthomieu évoque le climat qui régnait à l’époque :
« Nous étions, indique-t-il, menacés de toute part, par l’occupant, par les collaborateurs, par certains de nos chefs, par les gens du service d’ordre légionnaire, par la milice et même parfois par certains maquisards qui ignoraient nos relations avec la Résistance. »

En cas de connivence avec les patriotes traqués par les Allemands ou le régime de Vichy, ils encouraient des sanctions pouvant aller jusqu’à la révocation, ce qui n’excluait pas l’arrestation, voire des mesures extrêmes comme la déportation ou la mort. De même, s’ils affichaient du zèle dans la répression contre les résistants, la menace implacable de représailles planait sur eux.

Le bilan tragique de l’année 1944 au cours de laquelle plus de cinq cents gendarmes ont trouvé la mort, victimes de la barbarie nazie, des combats de la Libération, d’actions contre les maquisards, de l’épuration sauvage et judiciaire, prouve combien était périlleuse la voie qu’ils avaient choisie.