SOCIÉTÉ NATIONALE DE L'HISTOIRE ET DU PATRIMOINE DE LA GENDARMERIE | SOCIÉTÉ DES AMIS DU MUSÉE DE LA GENDARMERIE
Remise de la médaille de la gendarmerie nationale le 28 juin 1983 par Monsieur Charles HERNU, ministre de la Défense

Labastide Monrejeau (64) – Vendredi 18 janvier 2019 – prononcé au nom du général d’armée Richard LIZUREY, Directeur général de la Gendarmerie nationale par le général d’armée (2s) Jean RIVIERE, ancien inspecteur général des armées-gendarmerie.

Mon Général, cher Jacques,

Il me revient l’honneur de vous rendre ici, dans ce village de Labastide Monrejeau que vous affectionniez tant et où repose déjà Gisèle, votre épouse, un ultime hommage, au nom du général d’armée Richard LIZUREY, Directeur général de la Gendarmerie nationale, des inspecteurs généraux des armées-gendarmerie qui vous ont succédé dans cette fonction, et au nom de tous les militaires et personnels civils de la Gendarmerie nationale.

Votre parcours fut exceptionnel comme le fut votre engagement au service de la France.

En évoquant les multiples étapes de votre carrière militaire et soulignant les liens très forts qui vous unissaient, jusqu’au bout, à notre institution, je veux témoigner devant tous ceux venus vous rendre un dernier hommage de la flamme qui vous animait et des valeurs humaines et professionnelles qui ont guidé votre existence.

Profondément désireux de servir la France, vous êtes reçu au concours de l’école spéciale militaire de Saint-Cyr que vous intégrez  en octobre 1942 comme jeune engagé. Vous avez 19 ans.

Placé en congé d’armistice vous rejoignez les Forces françaises de l’intérieur (FFI) au sein de l’armée secrète du Sinobre et du corps franc Bayard dans le Tarn. Vous participez ensuite au sein de la 1re armée aux combats de la Libération et vous illustrez notamment dans les Vosges, ce qui vous vaut une citation portant attribution de la Croix de guerre 1939-1945. 

Nommé sous-lieutenant d’active le 1er septembre 1944, vous êtes affecté l’année suivante au 1er régiment de tirailleurs marocains, où vous servirez, d’abord en Autriche puis à Port-Lyautey au Maroc, jusqu’en juillet 1948.

A cette date, vous êtes désigné pour servir en Indochine : s’ouvrent alors deux ans et trois mois d’une expérience opérationnelle exceptionnelle pendant laquelle vous serez cité deux fois et recevrez la Croix de guerre des théâtres d’opérations extérieures (TOE) ; « Officier d’un grand courage et d’un parfait sang-froid. A participé à la tête de son unité à plus d’une centaine d’opérations témoignant chaque fois d’un sens tactique très sûr et d’un ardent dynamisme. A fait de son commando de partisans une unité opérationnelle de premier ordre, manœuvrière et ardente au combat (…) ». Vous avez 27 ans.

Décembre 1950 vous voit revenir en métropole : vous êtes affecté au 11e puis au 22e Bataillon de chasseurs alpins à Barcelonnette et Nice.

Promu Capitaine, vous intégrez sur concours l’Ecole des officiers de gendarmerie et à l’issue de votre formation prenez le commandement de l’escadron de gendarmerie mobile de Sélestat (Bas-Rhin). Diplômé de l’Ecole d’état-major, vous servirez à Marseille puis à Melun avant de rejoindre la 76e promotion de l’Ecole supérieure de guerre.

Promu chef d’escadron le 1er décembre 1964, vous assurez le commandement du groupement de gendarmerie de la Sarthe.

Ultérieurement, dans les grades de Lieutenant-Colonel et de Colonel, vous servirez, en qualité de formateur à l’Ecole supérieure de guerre, au Secrétariat général de la défense nationale, avant de vous voir confier les importants commandements de la gendarmerie de Champagne-Ardennes puis d’Ile-de-France.

Vous êtes promu général de brigade le 1er avril 1976 et êtes nommé Commandant régional de la gendarmerie nationale à Metz.

La réussite des actions entreprises ainsi que les qualités humaines et professionnelles démontrées dans l’exercice de ces différentes responsabilités conduisent le gouvernement à vous nommer, le 1er juillet 1978, au poste de sous-directeur de la gendarmerie, en charge de l’organisation et de l’emploi.

Vous êtes promu général de division le 1er septembre 1980 et nommé inspecteur général de la gendarmerie. Le 1er juillet 1981, vous êtes le premier général de gendarmerie à être élevé au rang et appellation de général de corps d’armée. 

Lors de votre Adieu aux armes, le 28 juin 1983, Charles HERNU, ministre de la Défense indiquait dans son ordre du jour :

« Sa réussite complète dans toutes les fonctions exercées, son expérience du commandement, sa connaissance approfondie des problèmes de son Arme, son autorité morale indiscutée, le font désigner en 1980 pour occuper le poste d’Inspecteur Général de la Gendarmerie. Dans cette haute fonction, il a été, pour le Ministre, un collaborateur précieux et un conseiller de qualité. Premier officier général de gendarmerie élevé au rang et appellation de Général de Corps d’Armée  (…), le général de corps d’armée BOYE laissera le souvenir et l’exemple d’un chef respecté, à la personnalité rayonnante ».

Titulaire de la Médaille de la gendarmerie nationale ainsi que de nombreuses décorations et citations, vous avez été fait Commandeur de la Légion d’honneur et Commandeur de l’ordre national du Mérite en reconnaissance des mérites éminents acquis au cours des quarante-et-une années que vous avez consacrées au service de la France.

Mon Général, nous nous devions de vous témoigner, ainsi qu’à votre famille rassemblée ici aujourd’hui, notre profond respect et notre vive gratitude pour tout ce que vous avez entrepris en faveur de notre pays, de nos armées et de la gendarmerie nationale.

Nous nous associons à la peine des vôtres mais aussi à leur légitime fierté à l’égard de leur père, grand-père et arrière-grand-père.

Mon Général, cher Jacques, A-Dieu, Adiciatz.