Société Nationale de l'Histoire et du Patrimoine de la Gendarmerie - Force publique - SNHPG
Loading
Pour consulter notre catalogue des publications et commander rapidement vos ouvrages cliquez sur la rubrique LIBRAIRIE

Dernières parutions

Servir ou désobéir

Servir ou Désobéir

Jean-François Nativité 

Cette monographie relative à la gendarmerie dans les départements pyrénéens durant l’Occupation est issue d’un travail de doctorat intitulé Culture d’ordre et identités régionales : la gendarmerie dans les départements pyrénéens (1939-1944), soutenu en 2010 sous la direction de Jules Maurain.
L’auteur propose une analyse des bouleversements de la gendarmerie dans ses structures, son cadre juridique et ses missions.
Il envisage encore l’étude des mécanismes de la violence d’État « appréhendée comme un mode spécifique d’expression du politique en période d’exception » et de son corollaire, la culture de l’obéissance au sein des forces de l’ordre.

La réorganisation opérée en 1940 montre bien le processus de domestication de la gendarmerie au sein de l’appareil répressif de l’État.
Jean-François Nativité s’intéresse à la question de la culture de l’obéissance et explique avec beaucoup de précision les différentes phases chronologiques du comportement de la gendarmerie face à Vichy, ainsi que la complexité et l’ambigüité des relations avec les différentes strates hiérarchiques du pouvoir.

À l’échelle pyrénéenne, la mise en place du STO, mal perçu par la population, s’achève au printemps 1943.
Les résultats obtenus sont mauvais, suite aux réticences des gendarmes, mais aussi à l’incapacité technique et logistique d’organiser ces réquisitions.

Rapidement, les missions de la gendarmerie se résument au triptyque de la recherche des réfractaires, de la collecte du renseignement et du maintien de l’ordre.
La fuite en avant du régime a pour conséquence une défiance grandissante de l’institution à son égard.
L’obéissance aveugle laisse la place aux initiatives individuelles des hommes et aux « blocages silencieux ».
Au moment de la libération du territoire, 400 gendarmes, pour un total de 1 700, basculent dans les FFI.
Durant cette période troublée, qui voit cohabiter trois directions de la gendarmerie, l’heure des comptes sonne pour l’institution.

En 1945, 14,5% des officiers et 1,3% des sous-officiers sont jugés ou inquiétés par les tribunaux.
Ces chiffres sont d’ailleurs comparables à ceux établis par Marc Bergère au sein de la 4e légion à Angers et du colonel Cazals pour la région parisienne.

Les résultats raisonnés de ce travail nous font approcher au plus près la configuration pyrénéenne et permettent de mieux cerner la période de l’Occupation, ainsi que l’attitude des forces de l’ordre dans un contexte dégradé.
La réflexion centrée sur la culture de l’obéissance, mais aussi la succession des mouvements browniens amenant les gendarmes à infléchir leur attitude à l’égard du régime de Vichy, aboutissent à l’établissement d’une chronologie fine qui nous fait comprendre la complexité présidant à l’exercice du métier de gendarme entre 1940 et 1945.

LCL Edouard Ebel


 Paris, Vendémiaire Éditions, 2013, 477 p. - 24 euros

Lien pour commander 

 


 

Société Nationale de l'Histoire et du Patrimoine de la Gendarmerie - Force publique - SNHPG